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Un entraîneur au chômage...

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Un entraîneur au chômage... Empty Un entraîneur au chômage...

Message  cannelle Sam 9 Jan - 12:44

Un reportage intéressant de nos amis de Foot 31 au sujet d'un Aveyronnais connu dans le monde du football.

Frédéric HANTZ : "Un pro, c'est jamais qu'un amateur qui a eu de la chance !" ("L'entretien du samedi", Onet le Château, Midi-Pyrénées, football)


C'est en attendant son visa, dans la salle d'attente du consulat d'Angola, pour rejoindre la Coupe d'Afrique des Nations superviser quelques joueurs, que Frédéric Hantz a pris un moment pour donner de ses nouvelles à tous les footeux de la région qui se souviennent encore de la puissance de son pied gauche. Du lycée polyvalent du Mirail où il fut l'un des élèves les plus brillants de Gérard Rabier au Havre d'où il fut débarqué la saison dernière, c'est toujours chez lui dans l'Aveyron, à Onet le Château, qu'il revient faire le point avant de repartir. A 43 ans, l'ancien pro n'est encore qu'à l'aube de sa carrière d'entraîneur. Parce que les débuts furent prometteurs, on a hâte de le retrouver sur un banc de touche au plus haut niveau. (par Johan Cruyff)


Six mois de coupure pour passer deux permis et un diplôme !
Frédéric Hantz, un jeune coach plein de convictions qui reviendra plus fort au plus haut niveau.

Frédéric, que faites-vous aujourd'hui ?


Je suis revenu chez moi à Onet le Château où je m'occupe des jeunes en attendant de retrouver un projet au niveau professionnel. Avant, lorsque j'étais au chômage, j'en profitais pour passer mes diplômes. Depuis que j'ai obtenu mon DEPF, je n'ai plus besoin d'aller à Clairefontaine. Je me ressource donc dans mon club d'origine comme à chacune de mes pauses d'activité. On prépare notamment un tournoi international pour le printemps prochain dans la catégorie U13.

Cette coupure n'est-elle pas trop difficile à vivre ?


Après mon départ du Havre, j'avais besoin de souffler donc j'avais programmé six mois en dehors du football pendant lesquels j'ai décroché un peu même si j'ai vu quelques matchs ici ou là. J'en ai profité pour faire des choses que je n'avais jamais pu faire avant : passer mon permis bateau, mes diplômes de plongée, mon brevet de pilotage avion. Dans mon esprit, c'était clair, je voulais couper complètement tout en sachant que j'allais m'y remettre vraiment à partir de janvier. Je serai à la CAN juste après un aller-retour sur Londres pour voir Arsenal-Everton pour Canal Plus Sport et je devrais reprendre ensuite les commentaires sur Canal+ pour la Ligue 1.


Vous semblez donc vivre plutôt bien cette coupure forcée !

Je la vis mais il n'est jamais simple et facile de se retrouver comme ça en retrait sans l'avoir voulu. Je me dis aussi que ce n'est pas hasard si ça m'est arrivé. Au moins, désormais, je sais ce que je veux et mon retour risque de prendre du temps car je n'ai pas peur qu'on m'oublie. Je ne m'engagerai que dans un certain contexte avec un projet bien déterminé et validé par une bonne relation avec un président de club. Jusqu'à présent, j'ai eu la chance de n'exercer qu'en L1 mais en arrivant toujours en cours de route, sans maîtriser complètement les choses. En même temps, je sais que le métier veut ça aujourd'hui, qui demande une grande capacité d'adaptation par rapport à une structure qui est en place. La réussite de Lyon a fait que presque tous les clubs ont copié le modèle Aulas. Or, celui-ci ne fait pas la part belle aux entraîneurs même s'il y a des bons côtés dans le confort de travail et la structure du recrutement. Au niveau des décisions, c'est plus difficile. Aujourd'hui, à mesure que j'avance en âge et en expérience, j'ai aussi envie d'avancer dans ma fonction et ne pas me contenter de gueuler au bord du terrain avec les mains dans les poches de mon "survêt". J'aspire donc retrouver un club qui me permettra de fonctionner en harmonie avec mon président et avec des règles très claires dès le départ qui ne changent pas en cours de route. Au Mans, c'est ce qui s'était passé. A Sochaux, je suis arrivé fatigué de mon expérience mancelle dans un club qui l'était tout autant que moi. Au Havre, on s'est surtout servi de moi...

Une étiquette atypique dans un milieu on ne peut plus conservateur

En très peu de temps, vous avez acquis un statut particulier dans le milieu des entraîneurs français, une place à part liée à une image que la presse ne cesse de qualifier d'atypique. Vous reconnaissez-vous dans ce raccourci ?

Je ne me sens pas atypique ou marginal. J'ai toujours la sensation d'aller dans le bon sens et de prendre des décisions qui correspondent à une certaine logique. Les gens s'arrêtent aux footing de six heures du matin ou au réveillon collectifs mais j'ai aussi des idées sur le jeu et des exigences dans le fonctionnement d'un groupe. Dans ce milieu, on n'échappe pas à ces étiquettes qui sont ensuite difficiles à enlever. Ce n'est pas bien grave.

Etes-vous surpris d'avoir déjà eu la possibilité, à 43 ans, d'entraîner des équipes de L1 ?


Je voue une reconnaissance éternelle à Henri Legarda, le président du Mans, qui est venu me chercher après mon départ de Brive et grâce à qui j'ai découvert le haut niveau. Franchement, je pensais plutôt passer par des équipes de jeunes pour réintégrer le milieu pro. Quand j'ai arrêté à Brive, je ne voulais plus de ce rôle d'entraîneur pro dans un club amateur, très intéressant mais très difficile à assumer. Et désormais que j'ai goûté à la L1, je ne veux plus faire marche arrière et j'ai envie d'y rester avec un rôle d'entraîneur numéro 1. Mais attention, ces expériences à Rodez ou à Brive furent très enrichissantes. J'y ai appris autant qu'au Mans, à Sochaux ou au Havre.

La mode est aussi aux agents pour les entraîneurs, en avez-vous un ?

Parce qu'il était agent d'Alain Perrin, à qui je succédais à Sochaux, et qu'il avait de bons rapports avec Jean-Claude Plessis, le président, Jean-Pierre Bernès est intervenu dans la négociation avec le FC Sochaux. Mais je ne suis pas lié à lui par contrat et c'est seul que j'ai négocié mon arrivée au Havre. A notre niveau, je ne pense pas qu'un agent soit utile pour vous trouver un club, plutôt pour intervenir une fois que vous l'avez trouvé. Quand j'étais joueur, jamais un agent ne ma trouvé un club. C'est peut-être présomptueux ce que je vais dire mais un bon joueur ou un bon coach n'a pas besoin d'agent pour avoir des opportunités.

"Il n'y a pas de hasard, les entraîneurs qui sont en place au niveau pro, à un moment donné, ont accepté de prendre un risque et de lâcher leur poste à la banque ou à la mairie..."

Après avoir été un bon joueur, comme vous êtes devenu un bon coach, j'imagine donc que vous devez avoir déjà eu des contacts ?

(rires) oui, évidemment ! Pour le moment je les ai tous écartés car ils ne correspondaient pas à ce que je recherche. Ils émanent davantage de l'étranger que de la France. Je ne suis pas prêt à aller dans les pays du Golfe par exemple. Tant que je suis dans une situation tenable financièrement, j'ai l'ambition d'exercer mon métier dans un pays de football, en Grande Bretagne, en Grèce, en Turquie, en Afrique du Nord... Mais il faut un projet cohérent qui me corresponde.

Et si demain l'OM vous appelle pour remplacer Deschamps qui lui même a remplacé en urgence Domenech avant la coupe du monde, vous faites quoi ?

L'OM ne pensera jamais à moi. En même temps, s'ils y pensent, l'OM ça peut aussi se refuser ! Il existe, je pense, des endroits plus adaptés que d'autres au profil de certains coachs. Je ne pense pas que Marseille me corresponde. Je suis sur un autre créneau de clubs.

Vous êtes revenu à Onet le Château depuis six mois, est-ce un moyen de rester au contact d'une certaine réalité du football que trop de pros ont peut-être tendance à oublier ?

Je suis tous les jours au contact du foot amateur. Mais même lorsque j'étais en poste en Ligue 1, je ne perdais jamais de vue d'où je venais. Onet le Chateau, c'est un gros club de 450 licenciés où je m'occupe avec plaisir des jeunes, plus particulièrement les U13. Je vais aussi voir tous les matchs de Rodez en National sans jamais perdre de vue qu'un pro c'est jamais qu'un amateur qui a eu de la chance !

Ce slogan vaut aussi pour les entraîneurs ?

Bien sûr. Je connais beaucoup d'entraîneurs de CFA ou CFA2 qui seraient capables d'entraîner une équipe de Ligue 1. Mais à un moment donné, il faut savoir ce que l'on veut et ne pas tout vouloir à la fois, le beurre et l'argent du beurre. Lorsque j'ai arrêté à Brive, j'étais sans filet, au chômage, avec comme seule certitude, l'envie de tenter ma chance au dessus. C'est un risque à prendre. Il faut avoir des convictions et ne pas vouloir en même temps conserver son poste à la banque ou à la mairie. Quelque part, c'est aussi ça être pro dans l'âme. Il n'y a pas de hasard, ceux qui sont en place ont, à un moment donné, pris ce risque.

Propos recueillis par Johan Cruyff


FRÉDÉRIC HANTZ
Né le 30 mai 1966 à Rodez
Joueur : Onet le Château, Rodez (1980-87, D3), Aurillac (1987-88, D3, Clermont (1988-89, D2), Istres (1989-92, D2), Metz (1992-93, D1), Nice (1993-95, D1), Niort (1995-97, D2).
Entraîneur : Rodez, CFA (1998-2001), Brive, CFA (2002-04), Le Mans, L1 (décembre 2004-2007), Sochaux, L1 (juillet-décembre 2007), Le Havre, L1 (décembre 2008-2009).

Samedi 9 Janvier 2010

cannelle

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Message  aladin Sam 9 Jan - 13:25

merci cannelle
cet interview semble profondement humain et bien fait

et le journaliste est un homonyme mondialement connu ds le foot
Propos recueillis par Johan Cruyff Very Happy
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Message  aladin Sam 6 Fév - 10:17

A DEFAUT DE DEVENIR ENTRAINEUR
...ON EN MANQUE
..Un entraîneur au chômage... 66906IMGP9839
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